Recherche d'emploi
Coach emploi en Suisse : Comment distinguer les vrais experts des vendeurs de rêve
À l’heure où de nombreux professionnels cherchent à retrouver un emploi, le recours à un coach carrière peut sembler une solution évidente.
Mais tous les coachs se valent-ils ?
Lors de notre dernier webinaire jobup.ch, nous avons eu le plaisir d’accueillir David Talerman, coach de carrière et auteur du best-seller « Travailler et vivre en Suisse » (30 000 exemplaires vendus), pour décrypter un sujet sensible : comment distinguer les professionnels sérieux des vendeurs de rêve.
Après plusieurs mois d’investigation et d’infiltration auprès de différents acteurs du marché, David partage ses découvertes, à la fois fascinantes et effrayantes.
Voici les principaux enseignements à retenir.
1. Qu’est-ce qu’un vrai coach carrière ?
Avant de savoir repérer les mauvais coachs, encore faut-il savoir ce qu’un bon coach de carrière est censé faire.
Selon David Talerman, le rôle d’un coach carrière professionnel inclut les missions suivantes :
- Clarifier votre projet professionnel et vos objectifs
- Identifier vos compétences, vos forces et vos axes de développement
- Construire une stratégie de carrière et de recherche d’emploi adaptée
- Optimiser votre marketing personnel et votre positionnement
- Vous accompagner dans le passage à l’action (préparation aux entretiens, rédaction de CV…)
C’est un accompagnement personnalisé qui vise à vous rendre opérationnel le plus rapidement possible sur le marché de l’emploi. En un mot, il résume son rôle de la manière suivante : « structurer la recherche d’emploi, accompagner, avec comme objectif de faire gagner du temps »
2. Ce qu’un coach carrière sérieux ne fait PAS
Il est tout aussi important de savoir ce qu’un coach professionnel ne doit jamais faire.
Un coach carrière sérieux :
- Ne garantit JAMAIS un résultat précis (ni poste, ni salaire, ni délai)
- Ne cherche pas un emploi à votre place
- Ne ment pas et ne contourne pas les règles
- Ne hacke pas le marché au détriment de l’éthique
- Ne remplace pas un psychologue ou un thérapeute pour les personnes qui ont besoin de se remettre d’aplomb avant de chercher un emploi
Ces principes constituent la base de l’éthique professionnelle du métier.
3. Les signaux d’alerte : le combo gagnant des vendeurs de rêve
L’investigation menée par David Talerman a révélé plusieurs techniques de manipulation utilisées par certains coachs.
Voici les principaux signaux d’alerte :
La rareté artificielle
« Ce n’est pas vous qui nous choisissez, c’est nous qui vous choisissons. »
Cette technique de « high pressure selling » importée du coaching américain vise à créer une impression de rareté et de sélectivité.
Le piège du prix élevé (le « high-ticket »)
« Si c’est cher, c’est que c’est sérieux. »
Des prestations à 3 000, 4 000 ou 5 000 CHF sont utilisées comme filtre psychologique pour cibler ceux qui ne se posent pas de questions.
L’urgence artificielle
Places limitées, calendrier restreint, pression temporelle… Autant de tactiques pour vous pousser à prendre une décision rapide sans réfléchir.
Les garanties creuses
Le grand classique : « On vous garantit un job en 180 jours, sinon on prolonge l’accompagnement de 180 jours. »
Certains promettent même « 80 % de réussite sur 180 jours et 100 % de réussite sur 1 an », ou encore « 90 % de taux de réussite en individuel ». Ces chiffres exceptionnels sont tout simplement irréalistes.
Une image trop « léchée »
Voitures de luxe, mise en scène soignée, sites web impeccables… mais mentions légales absentes ou réduites à une ligne. Tout ceci a pour objectif d’associer leur image à la réussite, par association (« si ou elle a réussi, je vais aussi réussir »).
Quand vous voyez ce combo : rareté artificielle, prix élevé, urgence, garanties creuses, fuyez.
4. Le mythe de l’ATS : l’argument fallacieux
L’un des arguments les plus utilisés par les vendeurs de rêve concerne les ATS (Applicant Tracking Systems).
Leur discours type : « Votre CV ne passe pas les ATS, c’est pour ça que vous ne trouvez pas de travail. »
La réalité est bien différente :
- 92 % des ATS ne rejettent pas automatiquement sur la base du contenu ou d’un mauvais score
- 99 % des entreprises suisses (environ 2/3 des emplois, surtout les PME) n’utilisent généralement pas d’ATS, en tout cas pas avec un scoring
- Le rejet automatique concerne uniquement des questions de qualification (nationalité, maîtrise d’une langue obligatoire, etc.)
En fait, on vous fait peur pour quelque chose pour un problème qui n’existe pas pour valoriser un service qui ne sert à rien.
Pour vérifier si votre CV passe bien les ATS sur le plan technique, il suffit de copier son contenu dans un éditeur de texte basique (TextEdit sur Mac, Bloc-notes sur Windows) et de vérifier que les mots sont identiques, sans espaces parasites.
Retenez en tous les cas ceci : l’Intelligence Artificielle dans l’ATS qui fait la sélection du candidat à la place du recruteur, c’est un mythe.
5. Des conseils qui ne tiennent pas la route
Au-delà des techniques de vente, David Talerman a également analysé la qualité des conseils dispensés par certains de ces acteurs.
Exemple flagrant : la plupart de ces vendeurs de rêve conseillent de rédiger un CV « succinct » car « le CV doit être court ».
Pour quiconque connaît le marché suisse, ce conseil est tout simplement une bêtise. Il ne correspond absolument pas aux attentes des recruteurs suisses dans la plupart des cas.
Pourquoi cette recommandation ? Probablement parce que plus le CV est court, moins le coach passe de temps à le rédiger.
Autre exemple beaucoup plus grave : certains de ces « professionnels » incitent leurs clients à mentir sur le CV et à inventer des expériences qu’ils n’ont pas, pour « rendre votre profil plus attrayant pour les recruteurs ». Ce conseil est particulièrement grave, déjà sur le plan éthique, mais surtout parce qu’il occasionnera une annulation systématique du contrat de travail en cas de background check par la société.
6. Un marché contrasté : professionnels sérieux et vendeurs de rêve
Ce que révèle cette investigation, c’est l’existence d’un marché insuffisamment régulé où coexistent :
- Des professionnels sérieux avec une vraie expertise du marché suisse
- Des vendeurs de rêve qui appliquent des techniques marketing agressives
- Des personnes mal formées qui dispensent des conseils inadaptés voire contre-productifs
Les alertes dans la presse, notamment dans le magazine Bilan et sur la RTS, avaient déjà pointé ces problèmes.
L’objectif du webinaire était de donner aux chercheurs d’emploi les clés pour se protéger et identifier les vrais professionnels.
7. Comment choisir un bon coach carrière ?
Face à ce constat, voici quelques critères à vérifier avant de faire appel à un coach :
- Son expérience réelle du marché suisse (nombre d’années d’expérience, nombre de clients accompagnés)
- Sa présence médiatique et sa réputation (articles de presse, références vérifiables)
- Son activité sur Linkedin, un profil Linkedin à peine renseigné et une faible activité étant en général un énorme « red flag »
- Sa transparence (mentions légales claires, existence d’un site, processus explicite)
- L’absence de garanties impossibles (méfiez-vous des promesses trop belles)
- La qualité de ses contenus (articles de blog, vidéos) qui reflètent sa vraie expertise
- Ses tarifs cohérents avec le marché, sans pression commerciale excessive
Conclusion
Un bon coach vous aide à gagner du temps et à devenir opérationnel rapidement. Il ne vous vend pas du rêve, il vous accompagne dans la réalité du marché suisse.
Le recours à un coach carrière peut être un véritable accélérateur dans votre recherche d’emploi en Suisse.
Mais comme dans tout secteur, il existe des professionnels sérieux et des vendeurs de rêve.
Heureusement, il y a de nombreux coachs tout à fait professionnels sur le marché.
La clé est de savoir poser les bonnes questions, de reconnaître les signaux d’alerte et de ne jamais accepter de garanties impossibles.
Votre carrière mérite un accompagnement professionnel et éthique, pas des techniques de manipulation importées du marketing américain.
Comme le rappelle David Talerman : un coach carrière sérieux ne garantit pas un résultat, il vous accompagne et vous aide à mettre toutes les chances de votre côté.
Ce texte a été rédigé avec l’aide de l’Intelligence Artificielle.