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Compétences en IA : ce que les employeurs attendent de vous

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L’IA s’intègre progressivement au travail quotidien dans les entreprises suisses. Pour les personnes en recherche d’emploi, la question n’est donc plus seulement de savoir si elles utilisent ces outils, mais ce qu’elles sont capables d’en faire et ce qu’elles choisissent de ne pas leur confier.

Le Rapport IA jobup.ch 2026 montre que cette adaptation est encore loin d’être terminée : 33 % des personnes salariées interrogées déclarent se sentir à l’aise avec l’IA.

En parallèle, les attentes commencent à évoluer. En septembre 2026, le Financial Times a rapporté qu’UBS demanderait aux personnes candidates à certains stages et programmes pour jeunes diplômés, avec une entrée en fonction en 2027, de montrer comment elles peuvent utiliser l’IA pour gagner en efficacité et améliorer leurs résultats.

Il s’agit d’une mesure précise, au sein d’un seul groupe et pour certaines activités. On ne peut donc pas en déduire qu’une nouvelle norme s’impose déjà dans le recrutement en Suisse. Le signal mérite néanmoins notre attention : un employeur pourrait de moins en moins se contenter de vous demander si vous utilisez l’IA. Il pourrait chercher à comprendre comment vous l’intégrez à votre travail.

Ce qui compte n’est pas l’outil, mais la manière de l’utiliser

Écrire « maîtrise de ChatGPT » sur un CV apporte assez peu d’informations. Le nom de l’outil ne dit rien de la qualité du travail produit, ni du rôle que vous avez réellement joué.

Un exemple concret est beaucoup plus parlant. Quel était votre objectif ? Pour quelle étape avez-vous utilisé l’IA ? Qu’avez-vous vérifié, corrigé ou décidé vous-même ?

Dans un travail soutenu par l’IA, la technologie prend en charge une partie de la tâche, mais vous restez responsable du résultat. Elle peut notamment vous aider à :

  • préparer une première version d’un texte que vous retravaillez ensuite ;
  • résumer plusieurs documents avant de prendre une décision ;
  • regrouper des commentaires par thèmes afin de faciliter leur analyse ;
  • automatiser une étape répétitive d’un processus.

Ce qui compte n’est donc pas de multiplier les outils. Il faut surtout savoir quand l’IA peut vous aider, jusqu’où lui faire confiance et ce que vous devez vérifier vous-même.

Commencez par une tâche que vous connaissez bien

Pour Ignacio Aracena, Head of Data Science chez JobCloud, le meilleur point de départ est un problème concret :

« Choisissez un problème, un cas d’usage, et travaillez dessus jusqu’au bout. »

Prenez une tâche que vous maîtrisez déjà : préparer des notes de réunion, effectuer une recherche, analyser des commentaires ou produire une première version d’un texte. Dans un contexte suisse multilingue, il peut aussi s’agir de comparer ou d’adapter des informations en français et en allemand, à condition de pouvoir vérifier la qualité du résultat.

Utilisez ensuite l’IA pour une étape précise et comparez avec votre méthode habituelle. Avez-vous réellement gagné du temps ? Le résultat constituait-il une bonne base ? Qu’est-ce que l’outil n’a pas compris ? Qu’avez-vous dû reprendre ?

Testez également le même cas plusieurs fois. Une IA générative peut fournir des réponses différentes à des instructions identiques ou très proches. Modifiez vos instructions, retirez une information importante et vérifiez les affirmations auprès de sources fiables.

Le but n’est pas de piéger l’outil. Il s’agit de comprendre dans quelles situations il peut vous aider et dans lesquelles une vérification plus attentive s’impose. Cette démarche peut elle-même devenir un bon exemple en entretien.

Sachez aussi quand ne pas utiliser l’IA

L’IA peut produire une réponse en quelques secondes. Cela ne signifie pas que cette réponse soit juste, pertinente ou adaptée au contexte. Selon la tâche, vous devrez ajouter des informations, corriger une erreur, écarter une recommandation ou simplement décider que l’IA n’est pas le bon outil.

Une utilisation responsable commence avant même de saisir une instruction. En Suisse, le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence rappelle que la loi fédérale sur la protection des données s’applique aussi aux traitements de données réalisés avec l’IA.

Ne transmettez donc pas de données personnelles, de documents internes ou d’informations confidentielles sans savoir si vous avez le droit de le faire. Utilisez les solutions approuvées par votre organisation lorsqu’elle en met à disposition.

Cette prudence vaut également pendant une candidature. UBS précise par exemple que l’IA peut être utilisée pour préparer un CV ou une lettre de motivation, à condition que leur contenu reflète réellement les compétences et l’expérience de la personne. Son utilisation est en revanche interdite lors des évaluations et pour générer des réponses pendant les entretiens vidéo.

Autrement dit, savoir utiliser l’IA peut être valorisé, tandis que l’utiliser au mauvais moment peut vous desservir. Vérifiez toujours les règles de l’employeur. Savoir quand ne pas utiliser l’IA fait aussi partie de la compétence.

Préparez un exemple pour votre prochain entretien

Vous n’avez pas besoin de préparer une démonstration spectaculaire. Choisissez un cas réel et structurez-le autour de quatre points :

  1. La tâche : qu’essayiez-vous d’accomplir ?
  2. L’utilisation de l’IA : pour quelle partie précise du travail l’avez-vous utilisée ?
  3. Votre contribution : qu’avez-vous vérifié, modifié, interprété ou décidé vous-même ?
  4. Le résultat : avez-vous gagné du temps, amélioré la qualité ou trouvé une meilleure approche ? Ne revendiquez un bénéfice que si vous pouvez l’expliquer concrètement.

Vous pourriez, par exemple, présenter un travail au cours duquel vous avez utilisé une IA pour regrouper plusieurs centaines de commentaires anonymisés par thèmes. Vous avez ensuite contrôlé les catégories, corrigé les erreurs et déterminé les sujets réellement pertinents pour votre équipe.

Ce type d’exemple en dit davantage à un employeur que le simple nom d’un outil. Il montre votre compréhension du métier, votre capacité à utiliser l’IA et le jugement que vous conservez sur le résultat.

Vous n’avez pas besoin de devenir spécialiste de l’IA. Commencez par une tâche que vous connaissez bien, testez l’outil sérieusement et entraînez-vous à expliquer vos choix. La compétence la plus crédible ne consiste pas à connaître tous les outils, mais à savoir ce que vous pouvez leur déléguer et ce qui doit rester entre vos mains.

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Le texte de cet article et l’image associée ont été créés avec l’aide de l’IA.

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