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Le monde du travail suisse n’a jamais été aussi diversifié

13 min
En bref

Cinq générations coexistent aujourd’hui sur le marché du travail suisse, avec des attentes, des valeurs et des modes de travail différents. Ces différences ne relèvent pas de la performance, mais du conditionnement. Lorsqu’elles sont comprises et valorisées, elles deviennent une véritable force pour les équipes.

Cet article explore cinq différences clés entre la Gen Z et les baby-boomers au travail, à partir d’une conversation réelle.

Pour la première fois de l’histoire moderne, cinq générations se côtoient sur le marché du travail suisse. D’après les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS), la génération Y représente la majorité de la population active, avec 36,2 %, suivie de près par la génération X, avec 34,7 %. La Gen Z représente une part croissante, avec 17,1 %. Quant aux baby-boomers, qui ont dominé le marché du travail pendant les années 1990 en constituant près de la moitié de la population active, ils ne sont plus que 11,6 % sur le marché du travail. Enfin, la génération silencieuse constitue les 0,4 % restants. Un sixième groupe s’apprête également à faire ses premiers pas sur le marché de l’emploi avant la fin de la décennie : les premiers représentants de la génération Alpha.

Cet écart générationnel couvre plus d’un demi-siècle de différences dans les modes d’éducation, les relations au travail et les attentes quant à ce qu’un employeur devrait offrir. Ce phénomène n’est pas un obstacle à surmonter, mais une opportunité à valoriser, à condition que les équipes soient prêtes à s’y intéresser sérieusement.

Dans cet article, le Job Coach s’intéresse à ce que cette diversité signifie concrètement. Le point de départ est une conversation menée dans le cadre du podcast de jobs.ch, au cours duquel Steffie (Gen Z) et Christina (baby-boomer, responsable d’équipe chez Job Cloud) évoquent ouvertement leur façon de travailler, leurs limites et, plus étonnant, leurs points communs. Ci-dessous, nous vous présentons cinq thématiques qui sont ressorties de cet échange. Loin d’être des signaux de conflit, elles sont autant de questions sur lesquelles toute équipe multigénérationnelle aurait intérêt à se pencher.

Qui sont les travailleur·se·s en Suisse actuellement ?
Population active par génération, dernières données disponibles (OFS/ESPA 2024)

Génération Y
Millennials · Né·e·s entre 1981 et 1996

36,2 %

Génération X
Né·e·s entre 1965 et 1980

34,7 %

Gen Z
Né·e·s entre 1997 et 2012

17,1 %

Baby-boomers
Né·e·s entre 1946 et 1964

11,6 %

Génération silencieuse
Né·e·s entre 1928 et 1945

0,4 %

Source : Office fédéral de la statistique (OFS), Enquête suisse sur la population active (ESPA), Population active par génération 1991–2024, données au 24.04.2025

Que peuvent apprendre les générations les unes des autres ?
Deux points de vue. Un seul monde du travail. Et beaucoup plus de points communs qu’on ne pourrait l’imaginer.

Gen Z
Né·e·s entre 1997 et 2012 environ
Baby-boomers
Né·e·s entre 1946 et 1964 environ

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01  ·  Méthode de travail

Différemment, mais pas moins
La flexibilité et l’auto-détermination ne sont pas des signes de paresse. La Gen Z travaille pour atteindre ses objectifs. Le parcours pour y arriver peut être différent ; ce sont les résultats qui comptent.
Ce sont les résultats qui comptent
La valeur est dans la fiabilité
Les années d’expérience montrent que de la constance et de la cohérence naît la confiance. Ce principe n’est pas en contradiction avec la flexibilité, il la complète.
C’est l’expérience qui compte

02

02  ·  Équilibre

Équilibre de vie, pas équilibre vie professionnelle–vie privée
Le travail fait partie de la vie, non l’inverse. Travailler uniquement pour pouvoir se reposer ensuite crée un cercle vicieux.
Un constat qui a pris du temps
Trop de travail rend malade. Toute une génération l’a appris à ses dépens. Prendre exemple sur ses jeunes collègues et retrouver un peu de légèreté au travail n’est pas une faiblesse, c’est de la sagesse.


03

03  ·  Poser des limites

Savoir dire non est une force
La Gen Z remet davantage en question et explique pourquoi. Ce n’est pas de l’insubordination, c’est une forme de responsabilisation individuelle. Poser des limites protège l’équipe tout entière.
Le libre arbitre
Une question d’éducation
Dire non était difficile pour les générations antérieures. Cela s’explique par l’éducation, non par un manque de courage. Le reconnaître, c’est faire le premier pas pour changer.

04

04  ·  Santé mentale

Montrer sa vulnérabilité est une force
Pour la Gen Z, parler de santé mentale au travail est normal. C’est une forme de responsabilisation individuelle et un signe d’ouverture envers les autres.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais
Encourager une équipe à faire preuve d’ouverture, tout en serrant les dents. C’est effectivement une contradiction. Une contradiction honnête, qui montre à quel point le conditionnement peut être profond.

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05  ·  Carrière et qualifications

Les détours font partie du chemin
Une année sabbatique, un cours de langue, un voyage d’une année : ce n’est pas un manque de fiabilité, c’est du développement. Et cela a sa place sur un CV, comme n’importe quelle certification.
Le courage de prendre le chemin le plus long
Faire ses preuves
Les belles carrières sans master ou doctorat en poche étaient possibles car les personnes faisaient leurs preuves. C’est la performance qui comptait. Cette logique est toujours d’actualité.

Le point commun entre toutes les générations
Le désir d’évoluer n’est pas propre à une seule génération
Les jeunes collègues apportent leur ouverture d’esprit, leur dynamisme et leur esprit critique. Les collègues plus âgé·e·s apportent leur expérience, leur discernement et leur persévérance. Les un·e·s ont besoin des autres. Les équipes intergénérationnelles ne sont pas un compromis : elles constituent une véritable force.
Les synergies avant la hiérarchie

Cinq générations au travail : qu’est-ce que cela implique ?

Les cinq exemples ci-dessus ne constituent pas un panorama exhaustif des différences générationnelles ; il s’agit de cinq moments de conversation réels entre une baby-boomer et une collègue de la Gen Z qui mettent en lumière des aspects méritant d’être examinés de plus près. Ce que ces personnes ont en commun, c’est ceci : le fossé intergénérationnel n’est que rarement une question de résultats. Il s’agit plutôt d’un conditionnement. De la manière dont chacun a appris à se positionner face à l’autorité, à exprimer son désaccord ou à comprendre ce que signifie l’engagement envers un employeur. Ces éléments sont profondément ancrés et ne changent pas simplement grâce à un programme d’intégration bien conçu.

Il convient de souligner d’emblée un point. L’affirmation selon laquelle la Gen Z ne voudrait pas travailler n’est pas corroborée par les données suisses. L’OFS a enregistré un taux d’emploi de 78,4 % chez les 20–24 ans en Suisse en 2023, un chiffre en hausse depuis que la Gen Z a commencé à entrer sur le marché du travail. Ce que cette génération semble moins disposée à accepter, ce sont de mauvaises conditions de travail sans explication. C’est différent, et il convient de bien faire la distinction.

Christina aborde cette distinction avec beaucoup de franchise. En tant que responsable d’équipe, elle encourage activement ses collaborateurs et collaboratrices à parler ouvertement de leur santé mentale au travail. Elle ne le ferait pas elle-même, non pas parce qu’elle est en désaccord, mais parce qu’elle ne se sent pas à l’aise de le faire. Elle évoque cette contradiction sans détour, sans chercher à s’en excuser.

« Toutes les générations sont faites pour vivre ensemble. Il fut un temps où nous avions de grandes familles et où tout le monde, des plus jeunes jusqu’aux grands-parents, vivait sous le même toit et apprenait les uns des autres. » – Christina, baby-boomer, Job Cloud

C’est ce modèle – celui de la famille élargie, et non de camps opposés – qui offre sans doute la vision la plus juste de ce que peut être, à son meilleur, une équipe intergénérationnelle. Il ne s’agit pas d’une initiative de diversité artificielle, mais d’un véritable échange : les collègues plus âgé·e·s apportent leur expérience, leur discernement et leur capacité à garder le cap ; les plus jeunes apportent leur dynamisme, un regard neuf et la volonté de remettre en question des pratiques établies.

Les différentes générations n’évoluent pas dans des camps opposés. Une équipe qui comprend ce principe est une équipe qui fonctionne mieux. Pour tout le monde.

Steffie et Christina ont abordé tous ces sujets et bien plus encore lors de leur conversation. Une preuve supplémentaire de la richesse des échanges intergénérationnels.

Résumé de l’article
Cinq générations au travail : qu’est-ce que cela implique ?

La génération Y représente la majorité de la population active, avec 36,2 %, suivie de près par la génération X avec 34,7 %. La Gen Z atteint 17,1 %. Chez les 20–24 ans, le taux d’emploi était de 78,4 % en 2023. Cette génération refuse surtout de mauvaises conditions de travail non expliquées.

01
Méthode de travail
Les résultats priment, mais la constance crée la confiance.
02
Équilibre
Le travail fait partie de la vie. Trop de travail rend malade.
03
Poser des limites
Dire non est une responsabilité, pas un manque de respect.
04
Santé mentale
L’ouverture augmente, mais les anciennes habitudes restent fortes.
05
Carrière et qualifications
Les détours sont du développement. La performance reste clé.

Le texte de cet article et l’image associée ont été créés avec l’aide de l’IA.

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