Entretien d'embauche
10 défauts que l’on peut admettre lors d’un entretien d’embauche
La question des défauts en entretien d’embauche est moins un piège qu’un test de lucidité. Certains traits, présentés avec nuance, jouent en faveur de la candidate ou du candidat: l’obstination, la méfiance ou l’impatience peuvent se lire comme des qualités professionnelles. Le bon défaut est celui qui n’est pas éliminatoire pour le poste visé et qui s’accompagne d’une volonté d’évolution.
«Citez-moi vos principaux défauts.» La question revient régulièrement dans les entretiens d’embauche en Suisse romande. Beaucoup de candidat·e·s la redoutent, hésitent, ou récitent une formule apprise. Le risque le plus fréquent: une réponse trop polie qui sonne faux, ou un défaut si rédhibitoire qu’il vous écarte d’emblée.
Voici dix défauts que vous pouvez admettre sans craindre pour votre image, à condition de les présenter avec mesure et de montrer comment vous travaillez à les transformer en atouts. L’idéal: choisir ceux qui ne disqualifient pas le poste visé, et rappeler votre volonté d’évoluer.
1. «Je suis quelqu’un d’un peu obstiné»
L’obstination se lit comme de la persévérance dans le monde professionnel. Les personnes obstinées baissent rarement les bras face à un obstacle. Les recruteurs et recruteuses apprécient cette qualité: ils savent que vous irez au bout des défis qui se présenteront. Si le mot vous gêne, parlez de ténacité ou de détermination.
2. «J’ai parfois un fort tempérament»
Un tempérament marqué peut représenter une réelle valeur ajoutée pour une équipe. Au premier abord, ce trait peut inquiéter. Beaucoup de recruteuses et recruteurs y voient pourtant un atout. Précisez ce que cela signifie pour vous: partager vos opinions sans détour, dire ce que vous pensez en cas de désaccord, contribuer à faire évoluer l’entreprise.
3. «Je suis un peu réservé·e»
Une certaine réserve peut être perçue comme un signe de réflexion et de maîtrise de soi. Dans de nombreux contextes professionnels, notamment sur des postes demandant de la concentration ou du travail en autonomie, ce trait est loin d’être un frein. Vous aurez tendance à observer avant d’agir, à écouter attentivement et à analyser les situations avec recul. Cela vous permet de vous adapter efficacement à différents environnements de travail et de prendre des décisions posées.
Évitez toutefois de mettre en avant ce trait pour des postes fortement orientés relation client ou nécessitant une présence orale très affirmée, où une grande aisance relationnelle est attendue.
4. «Je n’ai pas toujours confiance en moi»
Un manque de confiance modéré peut se transformer en exigence envers soi-même. Vous n’êtes pas seul·e dans cette situation, et selon le poste visé, ce trait devient même une qualité. Vous aurez tendance à ne pas vouloir décevoir et à vous surpasser pour prouver que vous êtes à la hauteur. Évitez toutefois ce défaut pour un poste de cadre supérieur ou de responsable d’équipe: les prises de parole en public exigent une certaine assurance.
5. «Je suis un peu susceptible»
La susceptibilité est avant tout une question de dosage. Si vous ne supportez aucune remarque, cela posera problème au quotidien. Mais une susceptibilité mesurée, accompagnée d’une réelle ouverture aux remarques constructives, devient un point positif: vous êtes prêt·e à vous améliorer dans votre travail.
6. «Je suis parfois trop bavard·e»
Parler beaucoup témoigne d’une forte sociabilité et facilite l’intégration en équipe. Tant que votre travail est fait, ce trait n’est pas un véritable défaut. Mentionnez-le lors de l’entretien en rappelant que vous disposez aussi d’une bonne capacité d’écoute. L’équilibre entre les deux fait toute la différence.
7. «J’aime tout contrôler»
Le besoin de contrôle révèle souvent une âme de leader. Les recruteuses et recruteurs le savent bien. Ce profil veille aux moindres détails pour livrer un travail de la meilleure qualité possible. Il fait aussi preuve d’une certaine autorité, de quoi entraîner toute une équipe.
8. «Je suis un peu anxieux·se de nature»
Une anxiété maîtrisée rime souvent avec rigueur et conscience professionnelle. Une personne anxieuse se prépare au maximum avant une présentation publique, écrit son discours, le relit plusieurs fois. Elle pense aussi à toutes les éventualités d’un projet. L’excès paralyse, mais une juste dose joue en votre faveur.
9. «Je suis assez méfiant·e»
La méfiance signifie que vous ne laissez rien au hasard. Vous préférez vous faire votre propre opinion plutôt que de vous laisser embobiner par des idées reçues. Cela ne veut pas dire que vous refusez la nouveauté, mais que vous formez votre jugement vous-même. Un trait précieux dans des fonctions où l’analyse compte.
10. «Je suis quelqu’un d’impatient»
L’impatience trahit souvent une volonté forte d’atteindre rapidement vos objectifs. Les recruteuses et recruteurs apprécient particulièrement ce défaut. Si vous avez du mal à attendre, vous tenez aussi aux délais. Un parfait exemple d’un défaut qui devient une qualité dans le milieu professionnel.
Choisir un défaut qui ne vous disqualifie pas
Il y a des défauts moins «problématiques» que d’autres lorsqu’on est candidat·e pour un poste. La règle est simple: choisissez ceux qui ne sont pas éliminatoires pour la fonction visée. Un défaut de timidité passera mal pour un poste commercial. Un manque de confiance se mentionne avec prudence pour une fonction de cadre.
L’autre règle est tout aussi importante: n’en restez pas au défaut. Montrez ce que vous mettez en place pour le faire évoluer. Cette posture rassure la personne qui vous reçoit et signale une vraie maturité professionnelle.
«Le bon défaut n’est pas celui qu’on cache, mais celui qu’on assume avec lucidité et qu’on transforme en levier de progression.»
Préparez votre réponse avant l’entretien. Improviser sur cette question, c’est prendre le risque de tomber dans la formule toute faite ou dans l’aveu maladroit. Choisir un défaut n’est qu’un élément parmi d’autres dans la préparation: la posture, les questions que vous posez en retour, et la qualité de l’échange comptent tout autant.
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Questions fréquentes
Quel défaut citer en entretien d’embauche?
Citez un défaut qui n’est pas éliminatoire pour le poste visé et qui peut se lire comme une qualité. L’obstination, l’impatience, le besoin de contrôle ou la méfiance fonctionnent bien dans la plupart des fonctions. Évitez les défauts qui touchent directement aux compétences attendues du poste.
Quels défauts faut-il éviter de mentionner?
Évitez tout défaut qui disqualifie directement la fonction. La timidité passe mal pour un poste commercial ou en contact clientèle. Le manque de confiance en soi est risqué pour une fonction de cadre supérieur ou de responsable d’équipe. La susceptibilité non contrôlée pose problème dans tous les contextes professionnels.
Pourquoi les recruteurs posent-ils cette question?
La question des défauts teste votre lucidité, votre honnêteté et votre capacité à vous remettre en question. Elle permet aussi d’évaluer votre adéquation au poste: certains défauts sont rédhibitoires pour certaines fonctions, d’autres sont des atouts déguisés.
Comment présenter un défaut sans se desservir?
Présentez le défaut, expliquez ce qu’il signifie concrètement dans votre travail, puis indiquez ce que vous mettez en place pour le gérer. Cette structure en trois temps montre votre lucidité et votre volonté d’évoluer. Évitez les formules toutes faites du type «je suis trop perfectionniste», qui sonnent fausses.
Faut-il préparer cette réponse à l’avance?
Oui, préparez votre réponse avant l’entretien. Improviser, c’est prendre le risque de tomber dans la formule toute faite ou dans l’aveu maladroit. Choisissez un ou deux défauts pertinents pour le poste, formulez-les clairement, et entraînez-vous à les présenter à voix haute.
Le texte de cet article et l’image associée ont été créés avec l’aide de l’IA.