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Luzern
XR : « La sécurité concerne non seulement les données, mais aussi la perception et le comportement »
- 07 août 2026
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- Durée indéterminée
- Luzern
À propos de cette offre
La Réalité Étendue (XR) s'intègre de plus en plus dans la formation, l'industrie et la vie quotidienne. Elle change la manière dont les gens vivent les contenus numériques – créant ainsi de nouveaux défis pour la sécurité, la protection des données et l'éthique. Dans cette interview, Nathaly Tschanz, professeure au Immersive Realities Center de la Haute école spécialisée de Lucerne, explique quels risques les technologies immersives comme la réalité virtuelle et la réalité augmentée comportent et pourquoi les entreprises devraient réfléchir tôt à l'utilisation responsable de ces systèmes.
Alors que la Réalité Étendue ouvre de nouvelles possibilités pour la formation, la collaboration et la transmission des connaissances, elle engendre également des surfaces d'attaque supplémentaires et des questions autour de la vie privée, de la manipulation et de la gestion des données comportementales et environnementales sensibles. Avec la diffusion d'applications XR adaptées au quotidien, les aspects critiques pour la sécurité et les limites éthiques des applications immersives devraient donc gagner en importance à l'avenir.
Madame Tschanz, les technologies immersives comme la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR) dissolvent la frontière entre le monde numérique et le monde physique. Quels nouveaux aspects ou risques de sécurité en découlent selon vous ?
Les technologies immersives ouvrent de nouvelles formes d'apprentissage et de compréhension en intégrant directement les contenus numériques dans notre espace perceptif. Elles permettent de rendre des contenus complexes intuitivement expérimentables et vivants, créant ainsi de la valeur ajoutée. Bien utilisées, elles étendent notre réalité de manière utile – au lieu de la remplacer. Comme pour toutes les autres technologies, de nouveaux risques et surfaces d'attaque peuvent apparaître : par exemple, la manipulation d'informations dans le champ de vision, des affichages erronés critiques pour la sécurité dus à de mauvais overlays, la perte de vie privée par le suivi continu de données sensibles de mouvement et d'environnement ainsi que des données biométriques. La sécurité des systèmes de Réalité Étendue (XR) concerne non seulement les données, mais aussi notre perception et notre comportement dans l'espace.
Vous travaillez sur la XR depuis 16 ans. Comment la question de la sécurité dans les systèmes immersifs a-t-elle évolué durant cette période ?
Le développement a suivi une trajectoire similaire à celle de nombreux autres domaines numériques : au début, l'innovation et la question de ce qui est techniquement possible prédominaient – la sécurité jouait un rôle secondaire. Avec la diffusion croissante des technologies immersives, des thèmes comme la protection des données, le suivi et la possible manipulation sont devenus plus centraux. Aujourd'hui, la sécurité est pensée de manière beaucoup plus holistique : il ne s'agit plus seulement de sécurité informatique, mais aussi de vie privée et d'aspects cognitifs.
Quels composants techniques des systèmes XR vous semblent particulièrement critiques en matière de sécurité ?
Principalement les capteurs, les systèmes de suivi et le traitement des flux de données générés. Les systèmes XR captent en continu des données détaillées sur l'espace, les mouvements et les interactions – y compris des enregistrements audio via des microphones intégrés. Cela inclut aussi des données biométriques et comportementales, qui sont très sensibles. Si elles ne sont pas suffisamment protégées, des risques tels que des violations de la protection des données, la création de profils ou des abus peuvent survenir. Souvent, les utilisateurs n'en sont pas ou peu conscients.
Les possibilités de formation immersive virtuelle sont un sujet important pour de nombreuses entreprises. Où voyez-vous les plus grands avantages par rapport aux méthodes de formation classiques ? Le principal avantage réside dans la simulation sécurisée de situations complexes et exigeantes.
Les formations en réalité virtuelle ou mixte peuvent être réalisées de manière réaliste sans prendre de risques physiques – notamment lorsque les formations classiques atteignent leurs limites. Par exemple, lorsqu'elles sont trop coûteuses, comme pour la formation sur les moteurs d'avion. Ou trop dangereuses, comme pour les formations des pompiers. Ou encore lorsqu'elles reproduisent des contextes sensibles – par exemple pour les formations aux métiers sociaux (gestion des personnes agressives ou traumatisées, désescalade dans les situations conflictuelles, etc.). En même temps, ces formations sont rentables, évolutives et reproductibles à volonté. De plus, les technologies immersives ouvrent d'autres possibilités au-delà de la formation – comme la visite virtuelle de lieux difficiles d'accès tels que des sites historiques ou la visualisation claire de contextes complexes.
Parallèlement, des simulations très réalistes apparaissent : quels sont les risques que ces systèmes deviennent eux-mêmes la cible d'attaques informatiques et que, par exemple, les données de formation soient compromises ? Un risque central est que des données sensibles ou des systèmes entiers soient compromis – par exemple les contenus de formation, les scénarios ou les solutions techniques. Cela peut non seulement entraîner des problèmes de protection des données, mais aussi une fuite de savoir-faire et, dans le pire des cas, faciliter l'ingénierie inverse. Un exemple concret est la communication entre systèmes XR : de nombreuses solutions existantes fonctionnent via des serveurs externes, ce qui crée des surfaces d'attaque supplémentaires. En conséquence, les organisations misent de plus en plus sur des réseaux fermés et contrôlés pour mieux sécuriser les flux de données. Un concept de sécurité réfléchi est donc essentiel – par exemple via des infrastructures contrôlées, des concepts d'accès clairs et une gestion consciente des données sensibles dès l'architecture du système.
Souhaitez-vous obtenir plus d'informations sur la Réalité Étendue ? Téléchargez l'intégralité de l'interview avec la professeure Nathaly Tschanz !
La professeure Nathaly Tschanz est professeure au Immersive Realities Center de la Haute école spécialisée de Lucerne et dirige le Bachelor en technologies immersives. Depuis plus de dix ans, elle travaille sur la XR et compte parmi les expertes de premier plan en Suisse pour la réalité augmentée, mixte et virtuelle.
Elle combine recherche, enseignement et pratique et apporte son expertise également en tant que conférencière, intervenante et consultante.