Allgemeine Anthroposophische Gesellschaft
Schwyz
Goetheanum | Ne pas seulement calculer, mais aussi ressentir
- 07 août 2026
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- Schwyz
À propos de cette offre
Ne pas seulement calculer, mais aussi ressentir
Récemment, l’« Initiative pour la responsabilité des multinationales » a été rejetée en Suisse. Bien que les Suissesses et Suisses aient voté à une courte majorité « oui » pour l’initiative, sa mise en œuvre a finalement échoué à cause du « non » du Conseil des États. « Le Goetheanum » en a discuté avec Ueli Hurter, membre du conseil d’administration et chef de la section agriculture.
Comment évalues-tu le résultat du vote ?
Ueli Hurter : Bien que plus de 50 % des électeurs aient voté pour l’initiative, la moitié des cantons n’a pas été atteinte. Cette majorité des cantons, dite « majorité des cantons », est nécessaire en Suisse fédéraliste pour qu’une modification constitutionnelle par initiative populaire soit adoptée. C’est un obstacle élevé, que, de notre point de vue, seul le moratoire sur les OGM en agriculture en 2005 a pu franchir. Cette fois, cela n’a pas réussi. Le résultat a toutefois montré que l’idée de rendre les entreprises responsables de leurs activités mondiales trouve une majorité. Les petits cantons de la Suisse centrale orientale sont conservateurs et votent plutôt contre ce type d’initiative. La déception est grande en Suisse romande, ainsi qu’à l’étranger. Mon collègue de la section agriculture, Jean-Michel Florin, a ainsi déclaré que la Suisse aurait pu se positionner en tant que petit pays indépendant pionnier. 24 000 entreprises internationales y ont leur siège. Inversement, des observateurs politiques comme Hugo Stamm estiment que ce résultat est sensationnellement bon, car la majorité populaire a été atteinte.
Les petits cantons ne représentent ensemble que 18 % de la population et peuvent pourtant faire pencher la balance.
En effet, un vote d’un petit canton comme Appenzell pèse cent fois plus pour la majorité des cantons qu’un vote de Zurich. Cela peut sembler extrême, mais le principe sous-jacent est précieux et fait partie de la culture politique suisse. Il signifie que la majorité ne décide pas forcément, mais que le vote d’une minorité n’est pas « faux ». C’est l’esprit du fédéralisme et du concordat, qui reconnaît à chacun le droit d’avoir raison – qualitativement aussi, même s’il ou elle est numériquement minoritaire. Une fois ce principe compris, cela signifie qu’on calcule moins et qu’on « ressent » davantage.
Ce texte est un extrait d’un article publié dans l’hebdomadaire « Le Goetheanum ». Vous pouvez lire l’article complet sur le site web de l’hebdomadaire.
Le Goetheanum · Numéro 50 · 11 décembre 2020