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Réussir sa recherche d’emploi après 50 ans

6 min

Conseils et stratégies pour la fin de carrière

Bientôt, tous les Suisses, tant les hommes que les femmes, partiront à la retraite à 65 ans. Une personne de 50 ans a donc encore 15 ans de carrière devant elle, et pourtant, les chances pour un·e chômeur·euse sénior de trouver un emploi à la hauteur de ses compétences sont souvent faibles. Dans cet article, découvrez comment décrocher un bon poste malgré les préjugés qui pourraient plomber votre candidature.

Le vieillissement de la population active en Suisse

Le marché du travail suisse vieillit. Les données récentes le confirment clairement.

Le taux d’activité des 55–64 ans a fortement progressé au cours des dix dernières années : de 71,6 % en 2014, il est passé à 77,8 % en 2024, soit une hausse de 6,1 points. Cette progression concerne aussi bien les femmes (71,9 %, +7,8 points) que les hommes (83,6 %, +4,5 points). En termes d’équivalents plein temps, le taux atteint 65,3 % au global : 51,7 % pour les femmes, 78,9 % pour les hommes.

L’âge moyen de la population active a également augmenté, passant de 41,2 ans en 2014 à 42,3 ans en 2024. Le ratio de dépendance, c’est à dire le nombre de personnes de 65 ans et plus pour 100 actifs, s’établissait à 37,4 en 2024, contre 33,7 en 2014.

De plus en plus de personnes restent actives plus longtemps. Les entreprises reconnaissent de plus en plus la valeur de l’expérience et du savoir-faire. Cela ouvre de nouvelles perspectives pour celles et ceux qui souhaitent poursuivre ou réorienter leur carrière dans la seconde moitié de leur vie.

Un nombre croissant de retraité·e·s

Le nombre de retraité·e·s croît également au fil du temps. L’âge effectif de sortie du marché du travail s’établissait en 2024 à 65,3 ans pour les hommes et 64,7 ans pour les femmes. C’est dans ce contexte que le gouvernement a décidé de fixer l’âge légal de la retraite à 65 ans pour les deux sexes. Comme les travailleur·euse·s prennent leur retraite plus tard, il est logique que l’âge moyen de la population active continue d’augmenter.

Les Suisses travaillent moins à l’approche de la retraite

Malgré cette tendance positive, les séniors sont de moins en moins actifs à mesure qu’ils approchent de la retraite. Les données détaillées par âge et par sexe sont en cours de mise à jour :

Passé 65 ans, le taux d’activité chute considérablement : seuls 18,8 % des 65–74 ans restent en emploi (23 % des hommes, 15,2 % des femmes), soit un équivalent plein temps de 7,9 %. Par ailleurs, le taux de chômage des 50–64 ans s’établissait à 2,4 % en juin 2025 (point bas saisonnier), mais atteignait 4,1 % au quatrième trimestre, en hausse par rapport aux 3,3 % de l’année précédente, tout en restant inférieur à la moyenne générale de 5,0 %. (Source : OFS ESPA 2024, rapports SECO.)

Ces chiffres pourraient s’expliquer par le fait que les séniors éprouvent plus de difficultés pour trouver un travail.

Les défis de la recherche d’emploi après 50 ans

Un·e quinquagénaire ou un·e sexagénaire se retrouvant sans emploi doit souvent rivaliser avec différents profils, dont des talents plus jeunes qui sont généralement privilégiés par les entreprises.

Les préjugés qui désavantangent les séniors

Les chances qu’une personne sans emploi de 50 ans et plus décroche un emploi sont minimes par rapport à celles d’un·e candidat·e moins âgé·e. Plusieurs a priori jouent souvent en sa défaveur.

Les jeunes sont plus malléables : nombre de recruteur·euse·s estiment que les jeunes talents s’intègrent plus facilement dans une entreprise. Les séniors seraient en outre réfractaires aux nouvelles idées. On dit également que ces personnes ont acquis des « mauvaises habitudes » dont elles ne peuvent plus se départir. Les talents âgés sont pourtant à même de se former, d’appréhender de nouveaux outils de travail et de s’adapter aux procédures en vigueur dans toute organisation.

Les jeunes sont plus dynamiques : les employeur·euse·s pensent que les jeunes supportent mieux les importantes charges de travail. Il est néanmoins prouvé que les personnes ayant pris de l’âge, mais qui sont en bonne santé, sont tout autant vigoureuses et vigilantes. Elles sont également capables de réaliser leurs tâches conformément aux besoins de leur entreprise.

Les jeunes profils sont moins coûteux pour l’entreprise : leurs prétentions salariales sont moins élevées que celles des candidat·e·s avec plus d’expérience. Ces dernier·ère·s perçoivent par ailleurs des bonifications de vieillesse dont le montant est défini en fonction de leur âge. Leur rémunération élevée est cependant justifiée par leur expérience et leur savoir-faire, qui leur permettent d’être immédiatement opérationnel·le·s.

Les séniors s’absentent fréquemment : les personnes âgées souffriraient de soucis de santé les empêchant de travailler régulièrement. Les Suisses jouissent néanmoins d’une excellente qualité de vie et peuvent se soigner efficacement. N’oublions pas non plus que les séniors sont souvent plus libres, n’ayant plus autant d’obligations familiales après le départ de leurs enfants.

Les conflits de générations altèrent les relations entre collègues : des employeur·euse·s appréhendent la mésentente entre un·e responsable jeune et sa ou son subordonné·e plus âgé·e. De par son expérience, l’employé·e sénior fait néanmoins preuve de plus de réflexion, de motivation et d’ouverture d’esprit.

Les avantages et les atouts des travailleur·euse·s âgé·e·s

Les principaux points forts des candidat·e·s âgé·e·s résident dans leur expérience et leur expertise. Ces personnes sont souvent à même de travailler d’une manière empirique, leurs longues années d’entraînement leur permettant d’acquérir un tour de main que les jeunes n’ont pas.

Leur savoir-faire est également avéré. Même après une arrivée récente dans une entreprise, les séniors sont directement productif·ve·s et peuvent même transmettre leurs connaissances au reste de l’équipe. Ces profils sont par ailleurs plus créatif·ve·s et ont souvent la capacité d’imaginer des méthodes ou des concepts innovants en vue d’améliorer la productivité ou le bien-être au travail.

Leur ambition est enfin de se poser et de passer le reste de leur carrière dans une même structure. Pour les entreprises, les recruter revient donc à :

  • minimiser le taux de roulement du personnel ;
  • réduire les coûts d’embauche ;
  • minimiser la période de flottement après le départ et l’arrivée d’un salarié.

Ce sont aussi des candidat·e·s qui peuvent faire profiter de leur réseau à leur nouvel·le entreprise, qu’il s’agisse d’agents commerciaux, d’acheteur·euse·s, de logisticien·ne·s ou de marketeur·se·s.

Stratégies pour une recherche d’emploi réussie après 50 ans

1) Réseautage : comment utiliser les contacts existants et créer de nouveaux réseaux ?

Un·e travailleur·euse sénior a de fortes probabilités de trouver un poste répondant à ses ambitions en faisant jouer son réseau. N’hésitez pas à contacter vos ancien·ne·s collègues, responsables, partenaires d’affaires, camarades d’université, ami·e·s, membres d’association ou encore votre ancienne clientèle.

Une personne en recherche de travail peut aussi se rendre sur les réseaux sociaux ou sur les plateformes spécialisées comme jobup.ch en vue d’y croiser des employeur·euse·s en quête de nouveaux talents. Les chances d’y trouver un poste intéressant sont importantes, ces sites recensant de nombreuses offres de travail réparties dans plusieurs secteurs d’activité.

2) Formation continue et reconversion

La formation continue permet aux profils de plus de 50 ans de mettre leurs connaissances à jour et d’acquérir de nouvelles compétences. En maîtrisant de nouvelles technologies, notamment les outils d’intelligence artificielle, devenus incontournables dans presque tous les secteurs, vous augmenterez votre compétitivité sur le marché du travail et aurez plus de chances d’être repéré·e par les recruteur·euse·s.

Vous pouvez également songer à une réorientation professionnelle. Cette reconversion vous donne l’opportunité de découvrir une nouvelle passion, notamment si votre ancien métier ne vous permettait plus de vous épanouir. Enfin, vous susciterez l’intérêt des chasseur·euse·s de têtes si vous acquérez des compétences rares et très recherchées sur le marché du travail.

3) Optimiser les dossiers de candidature

Votre dossier de candidature retranscrit votre expertise, vos formations et votre expérience professionnelle. Il exprime également une partie de votre personnalité. Un petit détail peut faire la différence face à la pléthore de demandes traitées lors d’un recrutement.

Le CV et la lettre de motivation d’un talent de plus de 50 ans doivent refléter sa maturité, son sérieux, son expérience et sa capacité à remplir ses fonctions pendant encore plusieurs années. Il est par ailleurs judicieux d’élaborer des documents personnalisés, originaux et attractifs.

Si besoin, faites-vous conseiller par un·e job coach qui vérifiera la pertinence des informations et vous aidera à rédiger votre demande. Prenez enfin le temps de vous informer sur l’entreprise qui vous contacte pour que vos mots impactent le·la recruteur·euse.

Gérer les refus et les rejets

Les profils de plus de 50 ans essuient plus de refus que les jeunes. Ne perdez pas espoir ! Un revers n’est pas un échec : c’est une occasion de rebondir plus fort.

Si un·e recruteur·euse vous a envoyé un e-mail de refus, vous pouvez lui répondre afin de lui demander les motifs qui l’ont empêché de vous embaucher. Pour les prochaines candidatures, décortiquez les annonces pour dénicher celles qui correspondent réellement à votre profil. Vous épargnerez votre temps et votre énergie en ne postulant que pour les postes pour lesquels vous avez le plus de chances d’être accepté·e.

Scrutez également les éventuelles failles dans votre dossier : votre CV et votre lettre de motivation sortent-ils du lot ? Sont-ils captivants ? Renvoient-ils une image réelle de votre profil ?

Il se peut enfin que vous ayez échoué à l’entretien pour plusieurs raisons : un discours trop vague, des compétences mal mises en valeur. Une bonne préparation, avec ou sans coach, vous permettra de passer cette épreuve haut la main.

Perspectives

La Suisse fait face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. De nombreuses entreprises ne trouvent pas suffisamment de collaborateur·rice·s compétent·e·s. Les projections indiquent que cette tendance devrait se renforcer, même si certains secteurs connaissent des oscillations. Le besoin en profils expérimentés, y compris après 50 ans, reste élevé.

Une nouvelle orientation professionnelle dans la dernière étape de votre carrière demande de l’engagement et de la persévérance. Avec une stratégie claire et une attitude positive, vous pouvez relever les défis de la recherche d’emploi après 50 ans, et vous construire un avenir professionnel épanouissant.

Votre expérience et vos compétences ont de la valeur. Mettez-les en avant avec confiance. Mobilisez votre réseau. Restez ouvert·e au changement.

Bonne chance dans votre recherche d’emploi.

*L’image utilisée ci-dessus a été créée par notre designer à l’aide d’un outil d’IA. 🧑‍🎨

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